L'IA donne des informations fausses sur votre entreprise : comment corriger, et quels recours.

On ne corrige pas un moteur, on corrige la source. Et le RGPD ne protège pas votre entreprise : il protège les personnes physiques.

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Quand une IA affirme un fait inexact sur votre entreprise, il ne sert à rien d'écrire au moteur. Une erreur de ce type est presque toujours recopiée d'une source, et c'est la source qu'il faut corriger. Sur le plan juridique, une précision s'impose d'emblée : le RGPD ne vous protège pas en tant qu'entreprise, il protège les personnes physiques. Voici ce qui se corrige vraiment, dans quel ordre, et les recours qui existent réellement.

D'abord, séparer l'erreur de fait du jugement qui déplaît

Ce sont deux problèmes différents et ils n'ont pas le même traitement. « Cette entreprise compte 400 salariés » quand vous en employez 2 000 est une erreur de fait : elle est vérifiable, donc corrigeable. « L'ambiance y serait tendue » est une synthèse d'avis : elle ne se corrige pas, elle se travaille. Cette page traite le premier cas. Pour le second, nous avons écrit comment traiter une mauvaise image employeur dans les IA.

Le test est simple : si vous pouvez produire un document qui établit le contraire, c'est une erreur de fait. Sinon, c'est un jugement, et exiger sa suppression vous fera perdre du temps et de la crédibilité.

Les trois familles d'erreurs factuelles

  • L'erreur d'identité. Le moteur vous confond avec une entreprise au nom proche, ou continue de vous appeler par un nom abandonné après une fusion. C'est la plus dommageable, parce qu'elle vous attribue l'histoire et parfois la réputation d'une autre société.
  • L'erreur de données d'entreprise. Effectif, pays du siège, secteur d'activité, dirigeant, site officiel, appartenance à un groupe. Elle vient presque toujours d'une fiche alimentée automatiquement.
  • L'erreur d'attribution. Un fait réel, mais qui concerne une filiale, une ancienne entité ou un concurrent, et qui vous est rattaché. Fréquente dans les groupes à marques multiples.

Pourquoi cela arrive, et ce que ça implique

Un moteur génératif ne stocke pas une fiche d'entreprise qu'on pourrait amender. Il produit une réponse à partir de ce qu'il a appris et, de plus en plus, de ce qu'il lit en direct sur le web au moment de répondre. Une information fausse dans sa réponse signifie donc l'une de deux choses : une source accessible aujourd'hui porte cette erreur, ou le modèle l'a apprise dans un état passé du web.

La distinction commande la méthode. Le premier cas se corrige en semaines, en traitant la source. Le second dépend des mises à jour du modèle, sur lesquelles vous n'avez aucune prise, et ne s'atténue qu'en rendant la version exacte massivement plus disponible que l'ancienne.

La méthode, dans cet ordre

Cet ordre n'est pas arbitraire : il va de ce que vous contrôlez entièrement vers ce que vous ne contrôlez pas du tout.

  • 1. Relevez la source citée. Demandez au moteur sur quoi il s'appuie, et notez les adresses. Sans cette étape, vous corrigez à l'aveugle. C'est aussi la seule façon de savoir si l'erreur est isolée ou reprise partout.
  • 2. Corrigez vos propres pages en premier. Une page « à propos » datée, avec effectif, implantations, appartenance à un groupe et raison sociale exacte, écrite noir sur blanc. Beaucoup d'entreprises découvrent à ce moment que leur propre site porte encore l'ancien chiffre.
  • 3. Alignez vos fiches tierces. Plateformes d'emploi, annuaires d'entreprises, réseaux professionnels, registres publics. C'est le travail le plus ingrat et le plus rentable : ces fiches sont souvent la source directe de la phrase fautive.
  • 4. Levez l'homonymie explicitement. Si une entreprise au nom proche existe, écrivez la distinction sur votre site, en clair, dans une phrase qu'un moteur peut citer. Les données structurées d'organisation aident à rattacher votre nom à une entité unique, sans garantie.
  • 5. Utilisez les canaux de signalement des éditeurs quand ils existent. Plusieurs assistants proposent un retour sur une réponse jugée inexacte. Les conditions et les délais varient, et aucun éditeur ne s'engage sur un résultat : traitez ce canal comme un appoint, jamais comme la solution.
  • 6. Vérifiez, plus tard et plusieurs fois. Une réponse d'IA varie d'une session à l'autre. Un contrôle unique ne prouve ni que l'erreur persiste, ni qu'elle a disparu.

Ce que le droit permet, et ce qu'il ne permet pas

C'est ici que les malentendus coûtent le plus cher, et la première idée fausse est la plus répandue.

Le RGPD ne s'applique pas à votre entreprise en tant que telle. Une donnée personnelle est, selon la définition de la CNIL, toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable ; la CNIL précise que les coordonnées d'une société ne constituent généralement pas des données personnelles. Le droit de rectification est un droit des personnes, pas des sociétés. Une direction juridique qui écrit à un éditeur en invoquant le RGPD pour faire corriger un effectif se trompe de fondement.

En revanche, le dirigeant nommé est une personne physique. Si l'erreur porte sur une personne identifiable, un dirigeant, un salarié cité, alors le cadre des droits des personnes s'applique, et c'est cette personne qui en est titulaire, pas l'entreprise.

L'AI Act n'ouvre pas un droit de rectification des faits. Il impose des obligations de transparence et encadre certains usages, ce que nous avons détaillé à propos du report de décembre 2027. Ce n'est pas un mécanisme de correction d'information.

Restent les voies du droit commun, quand le préjudice est réel et documenté : les régimes qui traitent des informations trompeuses ou du dénigrement. La qualification dépend des faits, du pays et du support, et relève d'un avocat, pas d'un prestataire de mesure. Nous n'assurons pas ce rôle et nous ne conseillons pas de l'improviser.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Écrire au moteur en premier. Tant que la source fautive reste en ligne, la réponse se reconstruira à partir d'elle.
  • Publier un démenti isolé. Une page qui dit « contrairement à ce qu'on lit » sans donner la donnée exacte, datée et située, n'apporte rien de citable.
  • Traiter une seule plateforme. Les erreurs de fiche se recopient entre plateformes ; en corriger une laisse les autres alimenter la même phrase.
  • Conclure sur un seul essai. Ni pour constater l'erreur, ni pour déclarer qu'elle est réglée.

Combien de temps, réalistement

Aucun éditeur ne publie de délai, et nous n'en inventerons pas. L'ordre de grandeur que nous observons : quelques semaines pour ce qui dépend de la lecture du web en direct, une fois les sources corrigées ; bien plus longtemps pour ce qui relève de ce qu'un modèle a appris. Dans l'intervalle, la seule stratégie qui fonctionne est de rendre la version exacte plus disponible et mieux corroborée que l'ancienne.

FAQ

L'IA raconte des choses fausses sur mon entreprise, que faire ?

Relevez d'abord les sources que le moteur cite, puis corrigez dans cet ordre : vos propres pages, vos fiches sur les plateformes tierces, la levée explicite d'une éventuelle homonymie. Les canaux de signalement des éditeurs sont un appoint, pas la solution. Écrire au moteur sans corriger la source ne produit rien.

Comment corriger une information fausse donnée par une IA ?

En traitant la source, jamais la réponse. Une erreur factuelle est presque toujours recopiée d'une fiche d'entreprise alimentée automatiquement ou d'une page obsolète, y compris parfois du site de l'entreprise elle-même. Publiez la donnée exacte, datée et située, et alignez toutes vos fiches.

Peut-on faire retirer une information sur son entreprise dans ChatGPT ?

Il n'existe pas de mécanisme de retrait garanti. Plusieurs éditeurs proposent de signaler une réponse inexacte, sans engagement de résultat ni délai annoncé. Ce qui change durablement une réponse, c'est l'état des sources disponibles au moment où elle est produite.

Le RGPD permet-il d'exiger la correction d'une information sur mon entreprise ?

Non. Le RGPD protège les personnes physiques : une donnée personnelle est une information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable, et la CNIL précise que les coordonnées d'une société n'en sont généralement pas. Le droit de rectification appartient aux personnes, pas aux sociétés. Il s'applique en revanche si l'erreur porte sur un dirigeant ou un salarié nommé, et c'est alors cette personne qui en est titulaire.

Quels recours juridiques face à une information fausse produite par une IA ?

Hors du cadre des droits des personnes, restent les régimes de droit commun qui traitent des informations trompeuses ou du dénigrement, à condition de documenter un préjudice réel. La qualification dépend des faits, du pays et du support : elle relève d'un avocat, pas d'un prestataire de mesure.

Mon entreprise est confondue avec une autre par l'IA, comment faire ?

Écrivez la distinction en clair sur votre site, dans une phrase citable qui nomme l'entité dont vous n'êtes pas, et rendez cohérents partout votre raison sociale, votre site officiel et vos fiches. Des données structurées d'organisation aident à rattacher votre nom à une entité unique, sans garantie de résultat.

L'IA me classe dans un mauvais secteur, est-ce grave ?

Oui, pour le recrutement : les candidats interrogent les IA par secteur plus que par nom d'entreprise. Être rangé dans le mauvais secteur vous exclut des réponses où vous devriez figurer, sans qu'aucune erreur ne soit visible dans les réponses qui vous concernent. Vérifiez le secteur déclaré sur chacune de vos fiches.

Voir ce que les IA affirment de vous, précisément.

Forhia relève ce que chaque moteur répond sur votre entreprise et les sources sur lesquelles il s'appuie, ce qui permet de corriger à la source plutôt qu'à l'aveugle.

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