Ce que 126 millions de prompts disent de la visibilité des marques dans les IA.

ChatGPT s'appuie sur une quinzaine de sources par réponse, Gemini sur environ trois. Trente-six marques seulement tiennent sur les quatre grandes surfaces à la fois.

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La plupart des études sur la visibilité dans les moteurs d'IA reposent sur des prompts fabriqués par ceux qui les mesurent. Celle que Semrush a publiée le 26 juin 2026 change d'échelle : elle porte sur 126 millions de prompts réellement saisis par des utilisateurs. Voici ce qu'elle établit, ce qu'elle ne fait que suggérer, et ce qu'il ne faut surtout pas lui faire dire.

Le périmètre, à lire avant les chiffres

Les prompts analysés sont américains, la période court de janvier à avril 2026, et quatre surfaces sont couvertes : ChatGPT, Gemini, Google AI Mode et Google AI Overviews. Vingt-deux secteurs sont représentés.

Deux conséquences immédiates pour un lecteur français. D'abord, ni Claude ni Perplexity ne figurent dans le périmètre : tout chiffre attribué à cette étude qui les mentionnerait ne lui appartient pas. Ensuite, à la date de publication de cet article, AI Overviews et AI Mode ne sont pas encore actifs en France. Ces données décrivent un marché en avance sur le nôtre, ce qui est précisément leur intérêt, et leur limite.

Ce qui est mesuré sur les prompts

Trois constats reposent directement sur l'analyse des 126 millions de prompts, et méritent donc le statut de mesure.

Les moteurs ne citent pas au même rythme. Sur la fenêtre observée, ChatGPT s'appuie en moyenne sur une quinzaine de sources par réponse, Gemini sur environ trois. Ce n'est pas un détail technique, c'est une différence de nature : une réponse à trois sources est une sélection, une réponse à quinze sources est une agrégation. Une marque a mécaniquement plus de chances d'entrer dans la seconde, et beaucoup moins de poids relatif une fois dedans. Précision utile : il s'agit d'une moyenne mesurée entre janvier et avril 2026, et le comportement de récupération d'un moteur peut changer d'une semaine à l'autre.

La présence simultanée sur les quatre surfaces est rarissime. Sur l'ensemble des marques suivies par Semrush, trente-six seulement se maintiennent dans le top 100 des quatre plateformes chaque mois de l'étude. Le communiqué ne publie pas ce dénominateur ; la presse spécialisée l'a rapporté à plus de mille deux cents marques suivies. Avec ou sans base précise, l'ordre de grandeur dit l'essentiel : la cohérence entre moteurs n'est pas la règle, c'est l'exception.

La concentration varie énormément selon les secteurs. Dans les médias et l'information, les trois premières marques concentrent près de 83 % de la visibilité. Dans l'électronique grand public, environ 77 %. Dans la finance et l'industrie, on tombe autour de 41 à 42 %. Autrement dit, la difficulté d'entrer dans une réponse n'est pas une constante du GEO : elle dépend d'abord de la structure de votre marché.

Ce qui est déclaré, pas mesuré

Deux autres chiffres de la publication circulent au même niveau que les précédents. Ils n'ont pas le même statut, et la confusion est trompeuse. Ils proviennent d'une enquête complémentaire auprès de responsables marketing, publiée avec l'index mais distincte de lui, et dont Semrush ne détaille ni la taille d'échantillon, ni la population interrogée, ni la géographie, ni les dates.

  • Les organisations qui intègrent le référencement classique et la visibilité IA dans un même flux de travail sont 81 % à déclarer une hausse de trafic ou de leads issus des plateformes d'IA. Celles qui gèrent les deux séparément, 36 %.
  • 45 % des responsables marketing déclarent ne pas pouvoir mesurer correctement la visibilité de leur marque dans les réponses générées, et 9 % seulement disent disposer d'outils couvrant toutes les métriques pertinentes.

Le rapprochement 81 contre 36 est une corrélation observée sur des réponses déclaratives, sans mesure d'effet. Il ne démontre pas que l'organisation en flux unifié produit la performance : il est tout aussi possible que les organisations déjà performantes soient celles qui ont su unifier. Le chiffre est un argument, il n'est pas une preuve, et le présenter comme un rendement attendu se retournera contre celui qui le présente.

Le second couple, en revanche, est le plus intéressant des deux, et personne n'en parle. Il dit qu'à peine une organisation sur dix dispose des instruments pour mesurer ce dont tout le monde discute. C'est un aveu de marché : la discipline s'est structurée plus vite que ses outils de mesure.

Ce que ça implique

  1. Cesser de raisonner en « visibilité IA » au singulier. Les surfaces ne se comportent pas de la même façon, et une position sur l'une ne préjuge pas d'une position sur l'autre. Il faut une mesure par moteur.
  2. Calibrer son ambition sur la concentration de son secteur. Viser une citation dans un marché où trois acteurs captent 80 % de la visibilité n'est pas le même projet que dans un marché à 40 %.
  3. Ne pas confondre être cité et compter. Sur un moteur qui agrège quinze sources, une citation vaut moins qu'une citation sur un moteur qui en retient trois. La part de voix compte autant que la présence.
  4. Régler la question de la mesure avant celle de l'optimisation. Neuf pour cent d'équipes correctement outillées, cela signifie que la majorité des plans d'action GEO sont bâtis sans point zéro.
  5. Traiter les chiffres américains comme une hypothèse. Ils indiquent une direction, pas un niveau applicable au marché français.

Une précision de transparence : Semrush édite une solution de suivi de visibilité IA. Cela ne disqualifie pas ses mesures, dont l'échelle reste sans équivalent public, mais cela qualifie la lecture des chiffres qui décrivent un besoin d'outillage. Nous appliquons la même réserve à nos propres publications.

FAQ

Sur quoi porte l'étude Semrush de juin 2026 ?

Sur 126 millions de prompts réellement saisis par des utilisateurs aux États-Unis entre janvier et avril 2026, couvrant vingt-deux secteurs sur quatre surfaces : ChatGPT, Gemini, Google AI Mode et Google AI Overviews. Ni Claude ni Perplexity ne font partie du périmètre.

Combien de sources un moteur d'IA cite-t-il par réponse ?

Cela dépend fortement du moteur. Sur le périmètre de l'étude, ChatGPT s'appuie en moyenne sur une quinzaine de sources par réponse, contre environ trois pour Gemini. Une marque a donc plus de chances d'apparaître dans une réponse ChatGPT, mais avec un poids relatif bien plus faible.

Être visible sur un moteur garantit-il de l'être sur les autres ?

Non. Sur l'ensemble des marques suivies par Semrush, trente-six seulement se maintiennent dans le top 100 des quatre plateformes chaque mois de l'étude. La cohérence entre moteurs est l'exception, pas la règle.

Le chiffre de 81 % contre 36 % prouve-t-il qu'il faut unifier SEO et GEO ?

Il le suggère, il ne le prouve pas. Ces pourcentages proviennent d'une enquête déclarative distincte de l'analyse des prompts, dont ni l'échantillon ni la population ne sont publiés, et ils décrivent une corrélation sans mesure d'effet. Il est possible que les organisations déjà performantes soient simplement celles qui ont su unifier leurs équipes.

Réponse courte

L'étude Semrush de juin 2026, sur 126 millions de prompts américains, établit trois choses : les moteurs ne citent pas au même rythme, ChatGPT s'appuyant sur une quinzaine de sources par réponse contre environ trois pour Gemini ; la présence simultanée sur les quatre grandes surfaces est rarissime ; et la concentration de la visibilité varie du simple au double selon les secteurs. Elle rapporte par ailleurs, en déclaratif, que 9 % seulement des équipes marketing s'estiment correctement outillées pour mesurer le sujet.

Sources

Forhia, côté marque employeur.

Forhia applique le GEO à la marque employeur : on mesure et on améliore ce que ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity disent de votre entreprise comme employeur.

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